NOMMER LES MEDIAS ALTERNATIFS : CITOYENS

DEFINITIONS

  • Selon Clemencia Rodriguez, un changement culturel universel est apparu dans le paysage médiatique: les utilisateurs de médias sont devenus des producteurs de médias. Elle définit un média citoyen comme un concept 'impliquant une prise en charge collective de nouveaux médias et d'interactions, qui conteste les codes sociaux, légitime des identités et institutionnalise des relations sociales, d'une manière qui confère du pouvoir à la communauté'. S'éloignant du concept originel de média dans lequel 'la communication part d'un endroit et est reçue dans de nombreux autres endroits par une large audience', le média citoyen encourage un processus, reflétant la démocratie participative et un accès plus grand à travers la mise en réseau, et la diffusion de citoyen à citoyen”1).
  • Selon Hernando Rojas et Nak ho Kim, “la notion de 'journalisme citoyen' embrasse un large éventail de pratiques et d'expérimentations, qui vont de l'ouverture des médias traditionnels à la participation citoyenne dans les processus d'information, de reportages réalisés localement ou à l'échelle de réseaux globaux, à l'expression citoyenne dans la blogosphère (et plus récemment dans la vlogosphère, ou vidéo blogosphère), et qui peuvent être caractérisées comme une structure en réseau de récits (networked structure of storytelling) avec des racines dans le mouvement du journalisme civique des années 1990, et plus anciennement du journalisme communautaire inspirées de Dewey, le journalisme citoyen a gagné en importance avec l’explosion des formes d’expression citoyenne sur le Web. En partie dues à une réaction aux critique de la couverture médiatique des médias traditionnels, en partie à des volontés individuelles d’expression, et en partie à l’exploration de nouveaux modèles commerciaux d’information, différentes formes de journalisme citoyen émergent à travers le monde. C'est pourquoi, plutôt qu'un contenu spécifique, un modèle commercial particulier, ou l'adoption de certaines routines journalistiques, ce qui définit le journalisme citoyen est un mouvement vers l'ouverture de l'information; des structures horizontales de collecte des informations et de récit des nouvelles; des lignes floues entre la production de contenu et les usages; et des responsabilités diffuses, davantage fondées sur la réputation ou le sens que sur les hiérarchies structurelles d'un système”2).
  • Pour Andrew Keen, les “journalistes citoyens” renvoient à des “experts, reporters, écrivains, commentateurs et critiques amateurs dans la blogosphere”, et est un euphémisme pour 'journalisme par des non-journalistes' ou comme Nicholas Lemann, de la Graduate School of Journalism de la Columbia University, les décit dans le New Yorker: des gens qui ne sont pas employés par des organisations de presse mais jouent une fonction similaire” 3)
  • Pour Stuart Allan, “en dépit de ses ambigüités, le terme de 'journalisme citoyen' semble capturer quelque chose de l'ethos compensatoire (countervailing ethos) de la capacité des gens ordinaires à devenir des témoins, en procurant de la sorte un label utile aux commentateurs pour caractériser un genre ostensiblement nouveau de journalisme […] Celui-ci est décrit de façon variable comme journalisme 'de la base' (grassroots journalism), journalisme 'open source', journalisme participatif, journalisme 'hyperlocal', journalism 'distribué', ou 'journalisme 'en réseau' (ainsi que contenu produit par les utilisateurs - 'user-generated content'), entre autres termes” 5)
  • Pour An Nguyen, le journalisme citoyen peut être compris comme “les efforts actifs de citoyens pour collecter, analyser, rapporter et diffuser des nouvelles et des informations sur l'actualité”6)
  • Jay Rosen considère que le journalisme citoyen apparaît “lorsque des gens, connus auparavant en tant que public, utilisent les outils de presse qu'ils ont en leur possession pour s'informer les uns les autres”7)

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